1993 10 - Polynesie Française


Un voyage qui commence sur www.airfrance.fr 

Escale à Los Angeles.
Accueil par des danseuses polynésiennes.

À l’arrivée à Papeete, première confrontation avec l’inattendu : le distributeur de l'aéroport avale ma CB , nous avons du liquide mais c'est un peu galère, il faut trouver des francs CFP en liquide .

Le lendemain de notre arrivée, la une du journal local frappe : "Air France c’est fini..." Début d’une grève ... Instant de panique : je me surprends à me demander si j’aurai encore un emploi au retour. L’incertitude s’insinue, mais la vie locale reprend son rythme : marchés, musiques, accueil chaleureux. Ce n’est qu’après deux semaines, en passant devant l’agence Air France, qu’on m’apprendra qu’un avion devrait se poser le lendemain — deux semaines d’interruption levées, l’espoir revient.

La traversée vers Moorea reste un moment suspendu. L’avion qui nous y mène — un petit appareil de cinq places, presque une 2CV volante — me place à côté du pilote, le bras nonchalamment à l’extérieur. Pas de clim, seulement le vent chaud et la mer en dessous. Chaleur écrasante, atterrissage sur une piste bordée de palmiers : la sensation d’être projetés hors du temps.

Moorea offre un contraste net entre quelques hôtels luxueux et notre petit camping sur la plage : tentes sous les cocotiers, douches sommaires, bruit des vagues pour seule horloge. Jours rythmés par bains répétés dans la baie de Cook, balades parmi les plantations d’ananas, visites d’une fabrique de jus de fruits et points de vue sur une eau turquoise à perte de vue.

Après une semaine, retour à Tahiti puis vol vers Bora‑Bora — l’île légendaire des lagons et des plages immaculées. Une excursion pour admirer requins et raies nous fait rencontrer Laurence et Bruno ; nous partageons plusieurs étapes. De Bora‑Bora, nous embarquons ensuite sur un bateau cargo vers Huahine : lente traversée, îles qui défilent, roulis rassurant.

À Huahine, nous louons une Fiat Panda pour faire le tour de l’île. Routes étroites, ponts qui tremblent, plantations de vanille dont le parfum s’accroche à la mémoire. Soirées simples, poissons frais et tamouré qui ponctuent les nuits. Retour à Moorea pour quelques jours de repos et une ultime soirée de danse traditionnelle sous les étoiles.

Trois semaines plus tard, de retour à Paris, les photos argentiques mettent des jours à être développées, mais les souvenirs sont déjà gravés : une Polynésie où l’on voyageait sans GPS, inventant des solutions quand les distributeurs lâchaient, vivant l’incertitude d’une grève à l’autre bout du monde, et gardant la certitude que certaines rencontres et sensations ne s’oublient pas.